6 mai 2019

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Epreuves de LVER au Bac 2021 : qui dit plus ?

La note de service n° 2019-056 du 18-4-2019 définit les épreuves communes de contrôle continu de langues vivantes A et B - session 2021.

Dans la voie technologique, "l’évaluation de l’enseignement technologique de langue vivante (ETLV) se substitue au second temps (expression orale) de l’épreuve 3 de la LVA du candidat". Il s’agit d’un oral de 10 minutes (sans temps de préparation).

De remarques générales...

Ces épreuves posent, de manière générale, le même problème que les actuelles, à savoir l’évaluation de toutes les activités langagières, alors même qu’il est difficile de préparer tou·te·s les élèves à y faire face sérieusement, d’autant plus quand les niveaux demandés, B1 et B2 du CECRL, sont donc à obtenir, dès la Première, au vu de la mise en place d’épreuves à ce niveau. Enfin, le Ministère semblant connaître la difficulté de faire travailler les élèves sur certaines activités, dès lors que certaines ont été évaluées, propose de tout évaluer en permanence sur deux ans : de la folie évaluative !
Ainsi, avec le calendrier d’épreuves proposées, l’enseignement des LVER risque d’être tourné vers le « bachotage » visant à préparer telle activité langagière, puis telle autre et ainsi de suite jusqu’à la fin de l’année de Terminale. Tout cela est un non-sens pédagogique, en plus de vouloir systématiquement tout « saucissonner » comme cela. La maîtrise d’une langue est un tout et celle-ci ne peut pas être observée à travers des tests décontextualisés. De ce point de vue, il est paradoxal de demander dans les programmes d’enseigner dans une perspective dite « actionnelle » quand les épreuves au Baccalauréat ne le sont pas ou peu !

... à quelques particulières.

- en Première :
L’épreuve de compréhension orale actuelle est reconduite sur le modèle actuel, alors qu’il s’agit d’un OVNI pédagogique : écoute d’un enregistrement 3 fois (pourquoi 3 ?), d’une minute 30 (pourquoi cette durée ?), audio ou vidéo (or, ce n’est pas la même chose ni les mêmes compétences), rendue en français.
L’épreuve "liée" de compréhension et expression écrites signifie que les élèves auront deux épreuves d’expression écrite la même année (quelle autre discipline ferait cela ?) et questionne : cette focalisation sur l’écrit est plus que paradoxal pour des corps d’inspection qui ne cessent, depuis des années, de dire qu’il faut faire parler les élèves ! En finir avec le « tout oral » est une chose que l’on peut en partie appuyer mais, pour autant, les collègues, dans les conditions actuelles, vont avoir du mal à préparer sérieusement tou·te·s les élèves à autant d’écrit.

- en Terminale :
L’expression orale diffère de ce qui se faisait jusqu’à maintenant, le MEN ayant sans doute intégré que les notions étaient « bêtement récitées » par les candidat·e·s. Néanmoins, l’écriture du texte avec des « ou » à de quoi surprendre car ce n’est pas la même chose de tomber sur deux « documents iconographiques » ou sur deux « citations ». Par ailleurs, en termes d’organisation, le MEN doit clarifier les modalités de passation de cet oral, à l’issue des écrits.
Concernant l’ETLV, avoir les mêmes attentes en séries technologiques, alors qu’il y a moins d’heures et que le profil des élèves est différent, c’est déraisonnable et un non-sens pédagogique (négation de la spécificité de cette voie). Quant à l’objet technologique en LV1, tant son enseignement que son évaluation pose le problème de coordination entre les enseignants (besoin de temps et d’espace) et des compétences mutuelles (en LV ou en techno). Quant à la grille d’évaluation, espérons qu’elle ait évoluée par rapport à l’existante qui n’est pas satisfaisante sur le plan linguistique.

Conclusion
Dans ce nouveau système, aucune évaluation formative possible puisque tout est évalué tout le temps, parfois en double. La logique de « bachotage » prend le pas sur la logique d’enseignement-apprentissage. La perspective actionnelle n’est qu’un vœu pieux puisqu’il s’agit de préparer les élèves à des épreuves fractionnées qui mettent clairement le focus sur les performances linguistiques et langagières.
Si on ajoute à cela les épreuves d’euros et de spécialité (dont on ne sait pas comment l’articulation va être possible), les élèves sont en évaluation permanente.