7 juin 2021

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EAF, le rectorat, comme le ministre, n’est pas à l’écoute des enseignants

EAF, le rectorat, comme le ministre, n'est pas à l'écoute des (...)

Dans le cadre de l’action initiée par le SNES Clermont vendredi 4 mai, sur un aménagement de la charge de travail très importante des enseignants de lettres pour l’épreuve de l’EAF, nous avons obtenu une audience intersyndicale à laquelle participaient une représentante de Sud Educ et un représentant de FO.
Etaient présents pour l’administration le Secrétaire Général (SG), un IPR de lettres (M. Gaillard) et deux représentants de la DEC (Division des Examens et Concours) dont la chef de service Mme Harnois.
La délégation des personnels a présenté les conditions très dégradées dans lesquelles travaillaient les enseignants de lettres en lycée suite aux réformes du lycée et du baccalauréat, des aménagements d’épreuves de dernière minute ainsi que d’injonctions contradictoires. La souffrance au travail de nombreux collègues de lettres a été soulignée sans véritable réaction du côté de l’administration. L’IPR de lettres n’est pas non plus intervenu pour confirmer le « ras le bol » général exprimé par de très nombreux enseignants de lettres en réponse à un mail qui leur était adressé par l’inspection.

Concernant le descriptif des œuvres à remettre de manière dématérialisée, alors qu’une grande partie des enseignants avaient déjà effectué ce travail de manière habituelle (remise de tous les documents nécessaires à l’administration de chaque lycée), le SG n’a rien voulu entendre et a maintenu le principe de dématérialisation, alors que le SNES demandait le libre choix pour les enseignants (descriptif dématérialisé ou en version papier remise à l’administration). Les services de la DEC ont trouvé très encourageant que 20% des enseignants de lettres aient déjà effectué la démarche de manière dématérialisée, sans problèmes, selon eux ! Seule modification, la date limite de dépôt est reportée au 11 juin.

Pour la correction dématérialisée des copies d’EAF, qui ne pose aucune difficulté selon les représentants de l’administration, la possibilité est laissée aux correcteurs d’imprimer les copies, qui seraient au nombre de 90 selon la DEC ! Le SNES a demandé que les chefs d’établissement facilitent cette possibilité, pour que les enseignants n’aient pas à le faire avec leur propre matériel, sans réponse du rectorat. Maigre avancée, il n’est pas nécessaire d’annoter les copies numérisées, seule obligation, mettre l’appréciation de manière dématérialisée ainsi que la note.

Sur la multiplicité des convocations, la DEC s’est engagée au non cumul des missions. Les enseignants ne pourront être convoqués qu’à un seul type d’examen, GO, écrit ou oral de l’EAF. Le nombre de copies resterait inchangé (90 copies comme il y a deux ans) ; seuls les temps partiels thérapeutiques seraient pris en compte pour le nombre de copies. La DEC a pointé le nombre important d’enseignants se désistant pour ces épreuves (de 30 à 35%) sans chercher à en comprendre les causes (épuisement professionnel, burn-out…). Par ailleurs, la DEC communiquera auprès des chefs d’établissement la nécessité de prévoir une salle de préparation pour les élèves différente de la salle de passage de l’oral.

Malgré une réaction virulente des enseignants de lettres en lycée auprès de leurs IPR, malgré nos interventions, le rectorat ne semble pas prendre la mesure de l’état de souffrance et de fatigue professionnelle dans lequel se trouvent bon nombre d’entre eux, dues aux dernières réformes et à une charge de travail bien trop importante. Le SNES continue d’intervenir à tous les niveaux pour dénoncer les conditions de correction et obtenir des améliorations. Il alertera le CHS CT sur cette situation.