Le SNES-FSU était reçu, avec l’interpro, par le premier ministre et plusieurs ministres. Aucune réponse satisfaisante n’a été apportée. Répondons par la poursuite de la mobilisation et une grève massive !
Samedi 24 octobre, là où nos revendications syndicales sont partagées (salaires, moyens pour les services publics, soutien aux lycéens) et où les conditions sont réunies, le SNES-FSU appelle à se joindre aux actions locales.
Jeudi 5 novembre, le SNES-FSU appelle à organiser une grève massive pour nos salaires et les moyens pour l’Education nationale dans le cadre de l’appel interpro (CGT, FSU, CFDT, FO et UNSA) et à une journée de mobilisation pour un budget de justice fiscale, sociale et environnementale.
Après trois semaines de mobilisation lycéenne et des personnels de l’Education nationale, et un samedi de manifestation massive, déterminée, festive mais ponctué de violences inacceptables, le gouvernement a enfin daigné recevoir l’interpro. Bilan : le gouvernement a une méthode et un calendrier. Il était temps. Mais c’est très largement insuffisant.
Éducation nationale : pas de réponses budgétaires
A travers sa déclaration préalable, la FSU a rappelé les revendications des personnels et des lycéens. Elle a dénoncé la répression policière contre les élèves et dénoncé toutes les violences, rappelant son soutien aux personnels agressés. Elle a interrogé le recours à la plateforme lycéenne présentée comme l’alpha et l’oméga de la réponse gouvernementale, pointant la mise en concurrence entre démocratie directe, avec ses limites et démocratie sociale et représentative que 10 ans de macronisme ont soigneusement piétiné. Elle a exigé des réponses budgétaires et sociales.
Le premier ministre et le ministre de l’Education nationale ont annoncé que des premières réponses seraient apportées lundi prochain à l’occasion d’une réunion avec la communauté éducative (représentants des personnels), élèves et régions. Sur la base des remontées sur la plateforme, le ministre fera des annonces sur le nombre d’élèves par classe, les remplacements et Parcoursup. Plus tard viendront les chantiers sur les emplois du temps par exemple, selon un calendrier à venir.
Après nos protestations et interrogations, le ministre de l’Education nationale a annoncé que les réponses ne se borneraient pas à cette réunion et que d’autres échanges seront programmés. Lui et le premier ministre ont réaffirmé, ainsi qu’à l’Assemblée nationale que le gouvernement déposerait des amendements budgétaires pour traduire ces annonces.
A la sortie, la FSU a dénoncé le contenu de cette réunion. 3 semaines après le début de la mobilisation, dans le plus puissant mouvement de la jeunesse depuis 20 ans, le gouvernement esquisse tout juste un calendrier et une méthode. Il n’y a toujours aucune réponse concrète à des revendications pourtant claires et partagées par le plus grand nombre comme le recrutement d’enseignants ou l’abrogation de ParcourSup. Il a toujours trois trains de retard. Aucune réponse n’est apportée en matière budgétaire. Les annonces entre les ministres se contredisent. A l’heure où Edouard Geffray annonce des mesures Parcoursup lundi, son homologue du supérieur lance une concertation flash sur Parcoursup censée durer 10 jours.
Le gouvernement continue de jouer la montre. Répondons par une grève massive et généralisée le 5 novembre pour des moyens pour l’Education nationale (recrutements, salaires, moyens, bâti scolaire) et la déblanquerisation du lycée (réformes du lycée, du bac et Parcoursup).
Libertés publiques
La situation que traverse notre pays invite à la gravité mais aussi au sang froid. Alors que la société est traversée par des tentations autoritaires et la remise en cause de l’État de droit, une profonde défiance envers le pouvoir politique et celles et ceux qui l’exercent, l’enjeu du moment n’est rien moins que celui de préserver et de faire vivre la démocratie.
La démocratie exige aussi la liberté de manifester en sécurité, sans craindre pour son intégrité physique ni pour ses droits. Le SNES et la FSU ont rappelé au gouvernement qu’ils avaient pris et assumé leurs responsabilités, en assurant en particulier une présence adulte auprès des lycéens mobilisés notamment devant les établissements scolaires, en prenant pleinement leur part dans l’organisation des manifestations les 6, 8, 13 octobre, ce qui a contribué à leur bon déroulement malgré une stratégie gouvernementale répressive. Dans cette réunion, aucun ministre présent n’a répondu sur le sujet de la répression lycéenne, ce qui ne peut qu’aggraver le fossé qui se creuse entre les jeunes, les personnels, les familles et le pouvoir.
La FSU a condamné sans ambiguïté les violences contre les personnes, les dégradations, les vols lors des manifestations du 17 octobre. Mais elle dénonce aussi une doctrine du maintien de l’ordre qui met en danger les manifestants, et oppose des réponses répressives a priori. Des militants syndicaux, pourtant clairement identifié, ont été visés et blessés à Lyon et Toulouse. C’est la responsabilité de l’État d’assurer le respect du droit de manifester librement, et en sécurité. Les organisations syndicales jouent leur rôle mais ne sauraient s’y substituer. La FSU dénonce les restrictions actuelles des libertés démocratiques, prises en réponse aux défaillances de l’État samedi dernier. Restreindre la libre circulation des personnes et le droit à manifester ne peut être la réponse politique attendue à la colère sociale actuelle, pas plus qu’invisibiliser les manifestations en les éloignant des centre ville. La liberté de manifestation doit être garantie.
Gagner par la grève !
Face à un gouvernement aux abois, le SNES-FSU appelle à organiser une grève massive pour nos salaires et les moyens pour l’Education nationale le 5 novembre dans le cadre de l’appel interpro (CGT, FSU, CFDT, FO et UNSA) à une journée de mobilisation pour un budget de justice fiscale, sociale et environnementale. Samedi 24 octobre, là où nos revendications syndicales sont partagées (salaires, moyens pour les services publics, soutien aux lycéens) et où les conditions sont réunies, le SNES-FSU appelle à se joindre aux actions locales.
En quelques années, nous avons gagné la bataille des idées : plus personne ne conteste qu’il faut mieux nous payer. Le mouvement lycéen a braqué les projecteurs sur l’état déplorable de l’Education nationale. Nous sommes en position de force. C’est le moment d’amplifier la mobilisation pour gagner !

