Les réalités derrière la note de la DEPP et les mobilisations à venir pour nos salaires, dont la grève du 29 septembre.
3 090 euros par mois ? Derrière la moyenne, le déclassement salarial des enseignantes
La note de la DEPP sur la rémunération des enseignantes en 2024 a été opportunément publiée à quelques jours de la rentrée scolaire, alors que le constat d’une crise d’attractivité persistante, et son corollaire, le déclassement salarial de nos métiers, devraient une nouvelle fois être en centre des constat de rentrée. Le chiffre claque et a fait beaucoup parler : selon la DEPP, le salaire moyen des enseignantes est de 3090 nets par mois. De quoi donner des arguments au tenants du profs bashing, surtout à quelques semaines du débat budgétaire.
Une moyenne forcément trompeuse !
Le chiffre annoncé par le DEPP est une moyenne qui, par définition, va gommer quelques particularités. Ainsi, ce chiffre mélange les salaires sans distinguer l’ancienneté, les niveaux d’enseignement (premier degré, second degré, post bac)… Mais en excluant les contractuels, parmi les personnels les plus précaires dans l’Education nationale !
Cette moyenne additionne aussi différentes composantes de la rémunération des enseignantes dont les heures supplémentaires et le Pacte. Ils sont les avatars de la stratégie bien connue des derniers gouvernements : le « travailler plus pour gagner plus », pour ne pas répondre aux légitimes revendications de revalorisation des personnels. Comme le SNES-FSU l’a martelé dans sa campagne « Non au pacte », ces outils ne sont pas de la revalorisation, il s’agit simplement de rémunérer du travail fait, rien de disruptif.
C’est même plutôt un « travailler plus pour s’épuiser plus », alors même que les enseignantes à temps plein déclarent travailler en moyenne 41,4 heures par semaine, hors vacances scolaires (note de la DEPP, novembre 2025). Oser titrer dans une note ministérielle que la revalorisation indemnitaire soutient la dynamique du salaire net est tout simplement méprisant.
La mesure du pouvoir d’achat ne peut s‘établir en intégrant des activités supplémentaires rémunérées par des indemnités comme les heures supplémentaires. Par ailleurs, ce sont des éléments importants de discrimination salariale dont sont victimes les femmes, qui sont d’ailleurs étonnamment absentes des données statistiques du ministère.
