Les dotations du Pass Culture sont une nouvelle fois en baisse à cette rentrée, à rebours des engagements du ministère, en raison de nouvelles coupes budgétaires.
Depuis un an et demi, le Pass culture est régulièrement la cible de coupes ou de gels budgétaires, et c’est encore le cas à cette rentrée. Plusieurs collègues de différentes académies ont alerté le SNES-FSU sur des dotations en baisse à cette rentrée et surtout à rebours des engagements ministériels.
En effet, en février dernier, après l’épisode ubuesque d’annonces de restrictions budgétaires qui obligeaient les personnels à valider leurs projets en moins de 24h, engorgeant les serveurs et bloquant le dépôt des projets de bon nombre d’établissements, le ministère avait pris des engagements clairs pour l’année civile 2026
Extrait du message aux chefs d’établissement au premier semestre 2026
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Pour la période de mars à août 2026, huit douzièmes des crédits disponibles sont attribués aux établissements, répartis au prorata du nombre d’élèves. Les crédits demeurés non engagés par votre établissement à la clôture de l’année scolaire 2025-2026 seront automatiquement reportés pour votre établissement en septembre 2026 et resteront mobilisables jusqu’au 31 décembre de cette même année. Ils viendront s’ajouter aux crédits complémentaires qui vous seront attribués pour la rentrée 2026-2027.
Le ministère change encore les règles en cours d’année !
Or de nombreux témoignages montrent que cet engagement n’a pas été respecté. En effet, dans plusieurs établissements, les reliquats de la fin de l’année scolaire n’ont pas été reportés en septembre. Les établissements se retrouvent donc avec seulement 4/12 de leur dotation.
Le ministère change encore les règles en cours d’année, revient sur ses engagements et fragilise des projets culturels que les équipes avaient programmés. Ces projets demandent un travail au long cours, de préparation et d’anticipation, manifestement balayés par la nécessité pour le gouvernement de faire des économies. Ces reprises des reliquats s’inscrivent sans doute dans les mesures de « maîtrise des dépenses » annoncées il y a quelques jours pour tenter de maîtriser le déficit public à la fin de l’année. Cette décision est un grave renoncement mais aussi terriblement révélateur des priorités de l’époque : la rigueur budgétaire prime sur tout le reste, et encore une fois, c’est la culture, comme par ailleurs l’écologie, qui sont la cible de l’austérité budgétaire, contrairement aux grandes entreprises !
Nous n’avons reçu que les 4/12 restants du montant global du PASS Culture et ce que nous n’avions PAS PU dépenser en juillet (car c’était IMPOSSIBLE), nous a été retiré contrairement à ce que l’on a bien voulu nous faire croire, soit 1400 euros pour notre collège. Cela m’a été confirmé par notre référente culture de bassin. (collège dans le 62).
Il nous avait été dit que les crédits non utilisés en juillet seraient reportés en septembre et que nous aurions une rallonge correspondant à 4/12e du budget total. Il nous restait environ 3000 euros. Or à notre grande surprise, nous avons actuellement 3700 euros (au lieu d’environ 6000 euros : 3000 de reliquat et environ 3000 de rallonge pour septembre-décembre). Voici ce qu’il s’est passé d’après la DAAC : le ministère a récupéré l’argent qui restait en juillet et l’a gardé. (collège de l’académie de Limoges)
Le ministre est bien silencieux sur le sujet, tout en faisant la promotion de l’accès la culture pour contrecarrer les effets nocifs des réseaux sociaux et redresser les résultats PISA. Sans doute une nouvelle manifestation du « en même temps » macroniste.
Le SNES-FSU interviendra à tous les niveaux pour dénoncer cette situation et exiger les moyens nécessaires à la concrétisation des projets engagés par les collègues.
Pass Culture, un dispositif qui reste à améliorer
Ce dispositif est très investi par les équipes et contribue à l’enrichissement des pratiques artistiques et culturelles des élèves en lien avec les enseignements. Mais des défauts subsistent, comme le coût des déplacements à la charge des établissements, générant des inégalités territoriales criantes. Et il est parfois aussi impossible dans certaines académies de faire référencer sur ADAGE certaines artistes ou intervenantes, pourtant reconnues localement. La culture n’est décidément pas une priorité présidentielle. Des politiques publiques et un budget à la hauteur des enjeux sont indispensable. Le SNES-FSU revendique un financement public pour toutes les sorties pédagogiques.
