2S2C : nouvel outil de démantèlement ?

Le dispositif « Sport, Santé, Culture, Civisme – 2S2C », imaginé dans le cadre de la réouverture des établissements scolaires, pose question et impose beaucoup de vigilance !

Le dispositif « Sport, Santé, Culture, Civisme – 2S2C » vise à permettre aux élèves de réaliser des activités sportives et culturelles sur le temps scolaire encadrées par des animateurs issus des clubs, des associations.
Il a été annoncé de façon unilatérale par le ministre le 21 avril et inscrit dans la circulaire du 4 mai (réouverture des établissements) sans aucune concertation.

S’il s’agit d’un dispositif transitoire permettant d’aider les collectivités territoriales à accueillir les élèves qui ne pourront pas être pris en charge par les enseignants (groupe limité à 15), soit ! … mais sport, santé, culture, et civisme relèvent de disciplines scolaires qui doivent garder leur place dans le quotidien scolaire des élèves.

Pour le SNES-FSU, ce dispositif ne doit pas remplacer les actions, projets, dispositifs, ateliers, mis en place habituellement dans les établissements scolaires par les équipes. Les champs d’interventions et les missions de chacun doivent être respectés. Il ne doit pas non plus occuper des locaux et utiliser du matériel aux détriments des enseignements, qui sont prioritaires.

Il serait à plus forte raison inacceptable que la vision ministérielle actuelle d’une école resserrée sur les fondamentaux (lire écrire, compter, respecter autrui), puisse conduire à la suppression des ateliers artistiques et de la chorale, conduits par les professeurs, voire à une déscolarisation de l’Éducation musicale, des Arts plastiques et de l’EPS en particulier.

Pour le SNES-FSU, ces disciplines font partie intégrante de la culture commune et doivent être enseignées par des professeurs formés dans le cadre du service public d’éducation. Si dans la période proposer des activités aux élèves qui ne pourraient avoir accès aux établissements en raison des contraintes du protocole sanitaire peut avoir du sens, la proposition du ministre pose de nombreux problèmes et n’est pas acceptable en l’état. Elle demande une poursuite de la réflexion avec l’ensemble de la communauté éducative en vue de préciser ses objectifs et son cadrage. Soyons vigilants dans nos établissements. N’hésitez pas à signaler au SNES-FSU toute dérive constatée.