30 août 2026

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29 septembre : toutes et tous en grève pour nos salaires !

29 septembre : toutes et tous en grève pour nos salaires !

L’ensemble des fédérations de fonctionnaires (CGT, FO, CFDT, UNSA, FSU, Solidaires, CFE-CGC, FA-FP) appelle à une grève unitaire dans toute la Fonction publique le mardi 29 septembre pour exiger des mesures de revalorisations salariales. Cette journée fera converger toutes les luttes des agentes des services publics, abimées par les conditions de travail et appauvries avec des salaires qui dégringolent. Le SNES-FSU y inscrit ses revendications pour des personnels revalorisés et respectés.

A quelques semaines du début des débats budgétaires, cette mobilisation sera cruciale. Elle peut et doit contribuer à changer la donne, pour d’autres politiques économiques, sociales et environnementales, pour un autre partage des richesses, pour l’égalité et la justice. Exigeons un salaire égal à travail égal pour les femmes et les hommes, une revalorisation des grilles de tous les corps de fonctionnaires et de toutes les catégories, une relance des plans de titularisation pour sortir de la précarité et sortir de l’opposition statut/contrat. Lire 4 pages FSU « rémunérations »

Lire communiqué intersyndical pour l’égalité salariale
Lire communiqué intersyndical national

3 090 euros par mois ? Derrière la moyenne, le déclassement salarial des enseignantes

La note de la DEPP sur la rémunération des enseignantes en 2024 a été opportunément publiée à quelques jours de la rentrée scolaire, alors que le constat d’une crise d’attractivité persistante, et son corollaire, le déclassement salarial de nos métiers, devraient une nouvelle fois être en centre des constat de rentrée. Le chiffre claque et a fait beaucoup parler : selon la DEPP, le salaire moyen des enseignantes est de 3090 nets par mois. De quoi donner des arguments au tenants du profs bashing, surtout à quelques semaines du débat budgétaire.

Une moyenne forcément trompeuse !

Le chiffre annoncé par le DEPP est une moyenne qui, par définition, va gommer quelques particularités. Ainsi, ce chiffre mélange les salaires sans distinguer l’ancienneté, les niveaux d’enseignement (premier degré, second degré, post bac)… Mais en excluant les contractuelles, parmi les personnels les plus précaires dans l’Education nationale !

Cette moyenne additionne aussi différentes composantes de la rémunération des enseignantes dont les heures supplémentaires et le Pacte. Ils sont les avatars de la stratégie bien connue des derniers gouvernements : le « travailler plus pour gagner plus », pour ne pas répondre aux légitimes revendications de revalorisation des personnels. Comme le SNES-FSU l’a martelé dans sa campagne « Non au pacte », ces outils ne sont pas de la revalorisation, il s’agit simplement de rémunérer du travail fait, rien de disruptif.
C’est même plutôt un « travailler plus pour s’épuiser plus », alors même que les enseignantes à temps plein déclarent travailler en moyenne 41,4 heures par semaine, hors vacances scolaires (note de la DEPP, novembre 2025). Oser titrer dans une note ministérielle que la revalorisation indemnitaire soutient la dynamique du salaire net est tout simplement méprisant.

La mesure du pouvoir d’achat ne peut s‘établir en intégrant des activités supplémentaires rémunérées par des indemnités comme les heures supplémentaires. Par ailleurs, ce sont des éléments importants de discrimination salariale dont sont victimes les femmes, qui sont d’ailleurs étonnamment absentes des données statistiques du ministère.

Cette moyenne reflète aussi le vieillissement du corps enseignant (accentué par la réforme des retraites de 2023) et donc une augmentation du nombre de collègues en fin de carrière. En novembre 2024, la Cour des comptes alertait sur « l’allongement de la vie professionnelle des agents dans la fonction publique d’Etat » et la population enseignante figurait parmi celles particulièrement concernées. Elle a aussi calculé que si 6 % des enseignantes auront plus de 60 ans en 2025, ils seront 16 % en 2035.

Les enseignants sont-ils bien payés ? Non.
Les enseignants sont-ils plus nombreux à être plus vieux ? Oui.

Mais les collègues en début ou milieu de carrière ont des salaires très faibles par rapport au privé ou d’autres cadres de la Fonction publique pour qui les salaires sont beaucoup plus avantageux. Une étude de la DEPP de mars 2026 montrait que les enseignantes possèdent un niveau de vie inférieur aux autres cadres de la fonction publique. Seuls un tiers des professeurs perçoivent plus de 34 000 euros par an, contre la moitié des autres cadres fonctionnaires. Par ailleurs, en 2023, les enseignantes gagnent 914 euros de moins par mois que les autres fonctionnaires de catégorie A (rapport annuel de l’Etat de la fonction publique, 2025- Les rémunérations dans la fonction publique en 2023).

Pour sortir de la crise de recrutement, recruter et garder les enseignantes et ainsi veiller à la qualité du système éducatif, un investissement pour l’avenir, il faut absolument augmenter le salaire de base des enseignantes, à tous les niveaux de la carrière.

Une étude annuelle à remettre en perspective

Si l’étude concerne bien la période d’une année entre 2023 et 2024 (application en année pleine du doublement de l’ISOE), il faut rappeler qu’en 2024, 2025 et 2026, aucune mesure de revalorisation pour les enseignants n’a été prise, aussi bien du point de vue indiciaire qu’indemnitaire.
Quant aux hausses du point d’indice des fonctionnaires en juillet 2022 de 3,5 % et de 1,5 % en juillet 2023, elles ont eu lieu après plus de 5 années de gel, dans une période de forte inflation (+4,9 % en 2023 après +5,2 % en 2022). L’occasion de rappeler que le Président Macron est le premier président de la République à ne pas avoir augmenté le point d’indice des fonctionnaires durant un quinquennat (son premier !).

Un déclassement salarial avéré
Entre 2020 et 2026, la valeur du point d’indice n’a augmenté que de 5 % alors que l’inflation était de 21 % !
Si le point d’indice avait augmenté comme l’inflation de 21,28 % depuis 2020, une certifiée au dernier échelon de la hors-classe toucherait 504€ net de plus par mois. .
La perte de pouvoir d’achat est de 238 € net pour une certifiée au 1er échelon et 504 € net en fin de hors-classe entre 2020 et 2026.
En 1989, une stagiaire certifiée percevait 1,69 SMIC, c’est 1,04 en 2026.
Parmi les agentes qui perçoivent les salaires les plus faibles, 74 % sont des femmes.

Ces chiffres à eux-seuls témoignent du déclassement salarial et social des fonctionnaires, notamment dans l’Éducation nationale, organisé par les gouvernements successifs.

Depuis 2017, il y a eu seulement deux augmentations de la valeur du point d’indice, d’une part en juillet 2022 et d’autre part en juillet 2023, à hauteur de 3,5 % puis de 1,5 %, ne compensant pas l’inflation sur la même période, puisque l’indice des prix à la consommation (IPC) a augmenté de 5,7 % en 2022 puis de 3,7 % en 2023.

En juillet dernier, le ministre des comptes publics a refusé toute mesure d’urgence lors du rendez-vous salarial arraché par les organisations syndicales. Ces dernières ont alors toutes claqué la porte et appellent à la grève le 29 septembre.

Un blocage des carrières

Le bilan en terme de carrière est également dans le rouge : rien n’a été fait pour les milieux de carrière dans l’Education nationale, scandaleusement oubliés des maigres annonces de ces dernières années. Il en résulte un tassement de la carrière, accentué par la scandaleuse dégressivité de la prime d’attractivité Blanquer.

Du fait des choix des derniers ministres en matière de taux de promotions à la classe exceptionnelle pour les personnels du 2d degré, le déroulement des carrières des professeures, CPE et PSY EN, s’arrête à la fin de la hors-classe pour presque toutes et tous, et des dizaines de milliers de nos collègues, dont une majorité de femmes, n’ont plus de perspective crédible d’avancement et de promotion 10 à 15 ans avant leur fin d’activité et leur départ en retraite, alors que les carrières s’allongent depuis les dernières réformes des retraites dont celle de 2023. 15 000 enseignantes ont plus de 60 ans et n’ont toujours pas accédé à la classe exceptionnelle.
Or, finir sa carrière à la hors-classe,
– c’est 590€/mois en moins sur le salaire de fin de carrière par rapport à la classe exceptionnelle,
– c’est 350€/mois en moins sur la retraite ensuite.

Le SNES et la FSU revendiquent notamment :

– l’augmentation d’au moins 15 % de la valeur du point d’indice
– l’indexation de la valeur du point d’indice sur l’inflation
– la refonte des grilles des corps enseignants et assimilés avec l’ajout de 130 points pour le premier échelon et des progressions d’au moins 40 points par échelon
– pour l’accès à la classe exceptionnelle, un taux de promotion de 29 % pour le second degré, ainsi aligné sur celui du premier degré
 l’égalité salariale et professionnelle entre les femmes et les hommes
 un plan de titularisation pour les non-titulaires enseignantes, CPE, PsyEN
 le rétablissement du versement de la garantie individuelle de pouvoir d’achat
 le maintien à 100 % des rémunérations versées aux agent⋅es qui sont en congé maladie ordinaire et l’abrogation du jour de carence
 Des mesures salariales immédiates pour les AED et les AESH et notamment la création d’un vrai statut pour les AESH