25 juin 2015

Entrée dans le métier

Refus de titularisation : déclaration des élus SNES-FSU et SNESUP-FSU

La Capa qui nous réunit aujourd’hui est chargée d’examiner les dossiers de titularisation des professeurs stagiaires certifiés. Nous souhaitons commencer par rappeler, à cette occasion, notre inquiétude quant à la désaffection pour le métier d’enseignant dans un contexte de fort taux de chômage des jeunes.
 
Les résultats d’admissibilité aux concours montrent que la crise de recrutement perdure puisque le nombre d’admissibles est en deçà du nombre de postes ouverts en Lettres classiques (114 admissibles pour 230 postes ouverts), en LSF (2 admissibles pour 3 postes ouverts) et en SII (52 admissibles pour 63 postes ouverts), soit déjà 128 postes ouverts aux concours non pourvus. Dans les autres disciplines en crise (mathématiques, anglais, allemand, éducation musicale…), le taux d’admissibles par poste est entre 1 et 1,5, alors que pour s’assurer de pourvoir tous les postes, il aurait fallu 2 admissibles par poste.
 
Or, le ministère nie cette réalité en passant sous silence les disciplines qui voient des postes perdus dès les admissibilités. Pire, le dispositif EAP est arrêté, seuls subsistent les crédits permettant de rémunérer les jeunes déjà dans le dispositif. Si le bilan des EAP révèle un échec, stopper ce dispositif sans mettre en place d’alternatives comme les pré-recrutements est inacceptable. Par ailleurs, d’après l’étude du projet de loi de finance et un rapport du CNOUS, les aides aux étudiants préparant les concours de l’enseignement ont diminué de 18,5 % depuis 2013.
 
Enfin, l’annonce de revalorisation des débuts de carrière de 70 euros par mois ne saurait compenser la diminution de 400 euros par mois liée à la suppression, sous le président Hollande, de la revalorisation à l’échelon 3 des stagiaires, obtenue en 2010 avec l’élévation du niveau de recrutement. Ce n’est pas en continuant à nier l’évidence que l’on parviendra à rendre nos métiers attractifs, d’autant moins que l’affectation des stagiaires sera encore extrêmement complexe cette année. Le refus d’organiser des GT d’affectation risque de donner lieu à des inégalités de traitement et à des erreurs.
 
Le refus, de plus, de concerter les organisations syndicales sur les modalités de stage pour la rentrée 2015 ne peut conduire qu’à une nouvelle rentrée difficile pour nos futurs collègues avec une année encore extrêmement chargée et beaucoup d’incertitudes concernant notamment les parcours de formation et les conditions de titularisation. Le SNES-FSU a fait une liste non exhaustive des problèmes rencontrés :
 
- Quantité de travail inouïe (préparation des cours, corrections, partiels, visites, entretiens, mémoire…).
- Année de stage incompatible avec la validation du master (sentiment de tout survoler).
- Formation pas toujours adaptée (impression de redite) même si certains modules sont intéressants.
- Recul sur le métier rendu difficile compte tenu de la somme de travail.
- Calendrier bousculé notamment en décembre pendant la phase inter du mouvement.
- Non prise en compte de l’ancienneté ou du diplôme (ex-contractuel, titulaire d’un M2…)
- Infantilisation : on s’adresse pourtant à des adultes dont certains sont parents.
- Manque d’information parfois.
 
En ce qui concerne la titularisation des stagiaires, nous nous interrogeons sur la composition des jurys, notamment sur le fait que les inspecteurs ayant évalué un stagiaire soit membre du jury en cas de renouvellement de stage ou de licenciement. On ne peut pas être à la fois juge et partie. En outre, certains stagiaires nous ont fait part de leur inquiétude après inspection, soit parce que celle-ci s’étant mal passée, on leur laissait entendre qu’ils ne seraient pas titularisés alors même que l’année de stage s’était bien passée, soit parce que, au contraire, on les laissait dans le flou, entraînant ainsi chez eux beaucoup de stress et les mettant en difficulté pour finir l’année face aux élèves. Pour terminer sur ce point, il nous semble difficile de confier deux voire trois stagiaires à un même tuteur, ceci afin que celui-ci puisse consacrer suffisamment de temps à son stagiaire et ne soit pas surchargé de travail par la même occasion.
 
Pour ce qui est de la correction des examens, nous nous félicitons que, à notre demande, plusieurs convocations envoyées aux stagiaires pour les épreuves du baccalauréat aient été annulées. Toutefois, nous regrettons que cela n’ait pas été généralisé à l’ensemble des stagiaires. Nous attirons l’attention de l’Administration sur cette question pour qu’elle anticipe ce problème à l’avenir. Pour le SNES-FSU, les stagiaires n’ont pas à être examinateurs lors des examens, en particulier du fait qu’ils n’ont pas vocation à avoir de classes à examen sauf exception. Nous veillerons à ce que cela soit bien respecté.
 

 

Bilan de la validation de juillet 2015

Les stagiaires admis seront titularisés au 1er septembre 2015.

 

Pour les Certifié-e-s CAPES/T :

- 2 refus définitifs en Lettres modernes

- 13 renouvellements (7 issus des concours rénovés et 6 issus des concours exceptionnels) : 3 en Lettres modernes, 4 en Histoire-Géo, 5 en Mathémathiques, 1 en Espagnol, 1 en SVT

- 6 prolongations (stagiaires non évalués, absence supérieure à plus de 36 jours au cours de l’année scolaire, ils devraient pour une partie, participer au jury de décembre).

 

Pour les Agrégé-e-s :

- 2 ajournements en Lettres classiques