12 mars 2015

Collège lycées contenus

Réforme du collège : un grand bond vers le passé

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Communiqué du SNES-FSU national
 
Présentant un collège caricatural, Najat Vallaud-Belkacem a fait ce matin en Conseil des ministres ses annonces sur la réforme du collège : retour aux savoirs « fondamentaux », volonté de distinguer des enseignements « théoriques » et des enseignements « pratiques » interdisciplinaires, introduction de la LV2 dès la classe de Cinquième ainsi que de l’accompagnement personnalisé. Ce programme pédagogique n’invente rien, il renvoie aux débats de l’inopérant socle de 2005.
 
Aujourd’hui, les enseignants se battent au quotidien dans leurs classes et les problèmes qu’ils rencontrent sont clairement identifiés : augmentation des effectifs de classes, diminution des moyens pour le travail en groupes, manque de cohérence des programmes, mixité sociale et scolaire de plus en plus faible, multiplication des réunions et des prescriptions, absence de moyens pour la concertation et le travail collectif, formation initiale et continue des enseignants en berne.
 
La réforme proposée sera-t-elle de nature à résoudre ces difficultés, à vaincre la difficulté scolaire touchant 15 à 20% des collégiens ? Il est permis d’en douter. Les 4 000 postes créés ne sont pas en nombre suffisant pour permettre une diminution significative des effectifs des classes, et les moyens alloués ne permettent pas de généraliser le travail en groupe. L’interdisciplinarité peut être un outil, mais elle n’est pas une fin en soi, et nécessite des moyens de concertation et de formation qui ne sont pas programmés. L’introduction de la LV2 en 5e ne peut avoir de sens qu’avec le maintien des horaires de LV sur tous les niveaux, ce qui ne semble pas être le cas.
 
La communication sur les « fondamentaux » fait l’impasse sur les acquis de la recherche.
Faire réussir tous les élèves passe par de meilleures conditions d’apprentissage, une mise en cohérence des savoirs scolaires, des enseignants formés à des pratiques pédagogiques diversifiées et non par un discours désuet saucissonnant « fondamental » et « accessoire », « théorique » et « pratique ».