DÉCRET EPLE : QUELS VRAIS OBJECTIFS ?
 
Un colloque a réuni le 15 octobre les « cadres supérieurs » de l’Éducation nationale (recteurs, IPR, inspecteurs généraux, inspecteurs d’académie, secrétaires généraux des rectorats, direction des ministères). Les propositions émises lors de ce colloque éclairent les objectifs des projets actuels. L’ensemble des propositions émises vise clairement à renforcer la place et le rôle des chefs d’établissement dans le domaine pédagogique, dans l’évaluation des enseignants, pour leur affectation.
 
L’évaluation des enseignants  : Entre chaque « rendez-vous de carrière » (2 à 3 fois dans la carrière), c’est le chef d’établissement qui procède à l’évaluation, dans toutes ses dimensions, des enseignants. L’inspecteur n’intervient que lors de ces « rendez-vous de carrière » et en cas de problème. Il s’agit clairement de mettre fin à la double évaluation des enseignants.
 
Développement des postes « à profil »  : La part des postes à profil, profil défini par le chef d’établissement, doit rapidement concerner 20% des emplois.
 
Autonomie renforcée : Il ne s’agit plus de laisser simplement à l’établissement le soin de décider des dédoublements mais de permettre aux établissements de disposer librement de l’utilisation de 10 à 20 % des moyens horaires attribués par le rectorat. Chacun aura compris qu’il ne s’agit pas là de moyens supplémentaires et que donc cela met fin à l’existence de programmes nationaux.
 
Conseil pédagogique : une hiérarchie intermédiaire nommée par le chef d’établissement Nous savons tous que la compétence et la légitimité des chefs d’établissement sont, à juste titre, contestables et largement contestées dès lors qu’il s’agit du domaine pédagogique, en particulier disciplinaire. Pour contourner ce constat objectif, le conseil pédagogique pourra aider le chef d’établissement dans sa tâche d’évaluation des enseignants entre les « rendez-vous de carrière ». De même le conseil pédagogique est appelé à jouer un rôle important pour l’utilisation des moyens d’enseignement laissés à la libre disposition de chaque établissement.
 
Affaiblissement du rôle des CA  : « Trop lourd » et sans doute trop démocratique pour ses détracteurs, le conseil d’administration verrait son rôle réduit au profit du chef d’établissement et du conseil pédagogique.