Une fois de plus, des précaires sur des missions sensibles

En juin dernier, le Ministre de l’Education Nationale, Monsieur Peillon, annonçait la création « d’un nouveau métier : assistant de prévention et de sécurité ». Ces personnels seraient « spécialisés » et formeraient un « nouveau métier de médiateurs » chargés de lutter contre les violences scolaires dans certains établissements.
 
Fin août, le ministère annonçait 500 recrutements d’APS dans les établissements les plus exposés à la violence.
 
En cette rentrée de septembre, le choix du ministère a été de modifier le décret du 06 juin 2003 fixant les conditions de recrutement et d’emploi des assistants d’éducation (AED). La circulaire du 29.08.2012 (BO n°32 du 06 septembre 2012) qui précise les missions et les activités des APS insère dans le décret des AED une 7ème mission « la participation aux actions de préventions et de sécurité » et prévoit un recrutement au niveau Bac+2. D’ici au 1er octobre 2012, les Conseils d’Administration devront voter sur le principe et les modalités de ces contrats.
 
Ces nouveaux personnels, sous la responsabilité directe des chefs d’établissement, seront donc recrutés par contrat d’AED spécifique avec Bac+2. Ils commenceront par une formation de 8 semaines. Leurs missions seront très larges : « sensibiliser les élèves à l’appropriation des règles de vie collective, la prévention des conduites à risque, la gestion des conflits, la sensibilisation des personnels aux problématiques de violence… », créer des liens avec les partenaires extérieurs (collectivités, police, gendarmerie, services sociaux, associations…), et les équipes mobiles de sécurité.
 
Pour le ministère, il s’agit « d’augmenter le nombre d’adultes dans les établissements les plus exposés ». Mais quelle légitimité auront ces nouveaux personnels précaires dont les missions se superposent à celles des personnels qualifiés (CPE, personnels sociaux et de santé) ?
 
Après les emplois Vie Scolaire (AVS), les Equipes Mobiles de Sécurité (EMS), les médiateurs de réussite scolaire, le risque est de voir se développer un nouveau métier précaire, spécialiste de la vigilance, dont les missions se substituent, voire contredisent celles des personnels existants. De plus la rémunération des APS est prévue au minimum de la Fonction Publique alors que le recrutement se situe au niveau 3.
 
Pour notre académie, sur les 500 postes annoncés, Clermont-Ferrand se voit attribuer 6 postes (attribution au prorata de la dotation académique en équipes mobiles de sécurité). L’implantation des APS est prévue dans 2 établissements ECLAIR (collèges Albert Camus et La Charme à Clermont-Ferrand), au collège Jules Ferry à Vichy, au collège et LP de Varennes sur Allier, au LP Einstein de Montluçon et au lycée Sidoine Apollinaire de Clermont-Ferrand.
 
Le SNES-FSU dénonce ce dispositif car il déconnecte les missions de surveillance et d’éducation des missions de sécurité. Le SNES-FSU défend la nécessité de renforcer et de stabiliser les équipes pluri-professionnelles. Il appelle les Conseils d’Administration à procéder à des recrutements supplémentaires d’AED sur des missions éducatives en lieu et place de ces APS. Le SNES-FSU demande que tous les AED puissent bénéficier d’un dispositif de formation et de VAE.